Interview Ana Romeo, l'auteure de Les Liens du diable, en interview

De quoi parle le premier tome de ta trilogie ?

De la rencontre improbable entre deux jeunes hommes dont l’ombre flottait depuis déjà longtemps dans la vie l'un de l'autre. Des liens qu’ils ignorent ont rendu leur rencontre inévitable. Ce premier tome cherche à explorer ces secrets. Mais bien sûr, plus on en apprend sur quelqu’un, et plus on s’en rapproche… jusqu’à peut-être se brûler de façon indélébile.

As-tu dû faire beaucoup de recherches dans le monde des gangs/de la mafia pour ce roman ? Comment se sont-elles déroulées ?

Je suis diplômée en psychologie légale, donc j’avais déjà quelques connaissances. Pour le reste, j’admets m’être surtout basée sur mes lectures, sur des séries et des films, même si j’ai aussi regardé un ou deux documentaires. Surtout, mes romans ne se veulent pas comme des descriptions de la réalité, mais plutôt comme des trajectoires de personnages, c’est donc en me concentrant sur ceux-ci et leur évolution que j’ai structuré les Rapaces et les Cerbères.

En quelques mots, comment décrirais-tu les protagonistes, Alekseï et Mickaël ? Et qu'est-ce qui rend la relation entre les deux si particulière ?

Alekseï est quelqu’un qui, depuis petit, n’a connu que l’abandon. Quand il trouve enfin un foyer, celui-ci devient une prison. Il cherche désespérément la liberté, tout en étant incapable de se dépêtrer de ces liens tissés dans le sentiment de dette et de ne pas être assez qui le tiraillent. Mickaël quant à lui est un jeune homme dont le passé a été effacé par la douleur insupportable que lui ont causée ses propres actes. Il navigue dans la vie tel un mort-vivant en cherchant à ne pas faire de vagues. Mais son indifférence cache une sensibilité et une force qu’Alekseï l’aidera à découvrir. C’est ce qui fait leur relation : une sorte de dépendance libératrice… du moins au début.

Qu'est-ce qui t'inspire d'écrire dans le genre de la dark romance ?

Je qualifierais plutôt la trilogie de  « romance grise ». Les deux personnages évoluent dans un monde noir qui cherche à les attirer vers les profondeurs. La trilogie dépeint plutôt la façon dont ils interagissent avec, en sombrant parfois, en s’en extirpant à force de larmes et de sang à d’autres moments. C’est ça qui m’inspire, les méandres malléables de notre boussole morale.

Quels ont été les plus grands défis auxquels tu as été confronté lors de l'écriture ? Comment les as-tu surmontés ?

Le premier défi a été la pression extérieure, notamment entre les publications des différents tomes. Ou plutôt, la pression perçue. Après tout, n'est-ce pas avec nous-mêmes que nous nous battons à la fin ? Je l’ai surmontée en m’accordant du temps pour respirer. J’ai écrit L’Esprit de l’Amour à la fin de ce premier tome que j’ai écrit très vite. Avec les thèmes qui devenaient de plus en plus lourds, j’ai eu besoin de prendre un peu de distance, même si je savais que les lecteurs attendaient la suite.

Pour ce qui est du deuxième défi, je dirais tenir une histoire cohérente sur la durée. Je n’avais pas d’expérience avec les trilogies. Dès le début, j’ai su qu’il y aurait au moins un deuxième tome au vu de la complexité de l’histoire, mais arrivée au milieu de ce deuxième volet, le compteur de mots avait explosé et j’ai compris qu’il en faudrait un troisième pour finir de façon juste. Ce que je n’avais pas anticipé, c’est qu’avec une histoire qui complète fait plus de 400 000 mots, s’assurer qu’il n’y a pas d’incohérences devient difficile, même pour l’autrice ! Ce que j’ai fait, c’est faire lire par d’autres personnes que moi, sans compter le nombre de fois que j’ai tout repassé au crible moi-même.

Quelle est ta routine d'écriture et y a-t-il des rituels particuliers qui t'aident à entrer dans le processus d'écriture ?

J’aime particulièrement écrire dans des cafés ou à la bibliothèque. Je suis toujours plus productive lorsque je suis en voyage aussi. Mais ce n’est pas réaliste de sortir tout le temps, alors je me contente la plupart du temps d’une bonne boisson qui varie selon mon envie du jour. Quand il m’est particulièrement difficile de m’y mettre, je mets parfois de la musique ou extériorise mes doutes et peurs dans un carnet. Ça m’aide toujours à mettre à distance toutes les pensées négatives, et je finis souvent par faire du brainstorming pour dépasser les obstacles sans même faire exprès.

Qu'est-ce qui t'occupe quand tu n'écris pas ?

Les puzzles, le coloriage, la salle de sport, la lecture, la pâtisserie, les voyages, les livres Boys' Love, et surtout l’apprentissage de langues ! J’ai même pu fréquenter une école de coréen à Séoul par deux fois et c’était magique. En ce moment, j’étudie le coréen, le thaï, le chinois et le japonais, dans cet ordre.

Qu'est-ce que tu aimes lire ? Est-ce que tu aurais des recommandations ?

Je suis une grande amatrice des œuvres de Sloane Kennedy, en particulier de la saga des Protecteurs. Quelques avis de lecteurs m’ont comparée à elle pour mon premier roman, Justice of Three, et je m’en suis sentie très honorée. D’autres autrices me viennent en tête comme S. E. Jakes et surtout Abigail Roux qui a écrit avec Madeleine Urban ma saga préférée à ce jour : Ty & Zane. Je compte bien leur rendre hommage un jour en écrivant une telle épopée, mais je dois encore travailler mes compétences. En ce moment, je lis en anglais la saga Case File Compendium de Rou Bou Bu Chi Rou, un danmei. Du côté français, j’apprécie beaucoup le travail de F. V. Estyer entre autres. Par ailleurs, j’aime aussi les romans policiers et les autobiographies d’auteurs.

Y a-t-il un message particulier que tu souhaites transmettre à tes lecteurs ?

Merci tout d’abord à toutes celles et ceux qui ont lu la première édition de l’histoire d’Alekseï et Mickaël. Je n’en serais pas arrivée là sans vous. Pour ceux qui souhaiteraient se lancer, bienvenue et accrochez-vous, car tout comme dans la vie, les mauvais moments en valent toujours la peine une fois la dernière page tournée. Pour finir, si tu te sens seul.e et différent.e, cette trilogie est pour toi.

Peux-tu nous donner une idée de la suite de l'histoire d'Alekseï et Mickaël ?

Ils ont encore beaucoup à dépasser, doivent grandir et choisir qui ils voudront devenir. Des obstacles internes et externes les attendent, mais s’ils s’accrochent à l’autre, ils vaincront. Car dans ce monde de marionnettistes, eux seuls ont les lames capables de couper leurs fils. À eux de s’en servir à bon escient…